Fanjeaux est située dans le département de l’Aude, en région Occitanie.
Toponymie
Du latin Fanum Jovis, qui signifie « temple de Jupiter ». Fanum , « temple ou sanctuaire » et Jovis, génitif de Jupiter, le dieu principal du panthéon romain.
Cela suggère qu’il y aurait eu un lieu de culte païen à l’époque gallo-romaine sur le site actuel du village.
Attesté sous la forme Fano Jovis en 1154.
Toute une histoire. Sa situation privilégiée à 360 mètres d’altitude, en bordure d’un plateau dominant la plaine lauragaise, explique l’occupation du site de Fanjeaux dès l’Antiquité, période à laquelle les romains y édifièrent un temple à la gloire de Jupiter - fanum Jovis - à l’origine du nom de la commune.
Cette situation explique également son développement médiéval. Protégée par d’imposants remparts flanqués de 14 tours et doublés de fossés, la cité la cité est alors prospère grâce à d’imposantes activités textiles. Autour des chevaliers, une vie mondaine s’organise et met à l’honneur la poésie des troubadours. Le catharisme s’y répand et s’y épanouit. En 1206, Dominique de Guzman (futur saint Dominique) tente par ses prédications de ramener à l’église catholique romaine la noblesse locale acquise à l’église des Bons chrétiens ou église cathare. Il établira à Prouilhe un monastère, berceau de l’ordre des Dominicains.
Lors de la croisade des Albigeois, Raymond Roger Trencavel, vicomte de Carcassonne, choisit de s’opposer aux armées croisées. Lors de sa reddition en 1209, ses possessions
passent au comté de Toulouse et Simon de Montfort investit Fanjeaux.
Au XIV siècle, laguerre de cent ans voit s’affronter deux familles pour la sucession du royaume de France : Les Valois et les Plantagenêts. La cité de Fanjeaux, située sur le trajet des anglais, est détruite par le Prince Noir, fils du roi Edward III Plantagenêt . Par contre, le Monastère de Prouilhe est épargné : « Le Prince, avec une grande partie de sa suite, y fut reçu et dévotement admis à la confraternité spirituelle de la maison » (Geoffroy le Baker, chroniqueur anglais).
Fanjeaux se relèvera assez rapidement de ce triste épisode, et connaîtra aux XVe et XVIe siècles, au cœur du Pays de Cocagne, une nouvelle phase de prospérité : ses moulins œuvrent alors à la fabrication du précieux pastel, qui sera exporté dans toute l’Europe.
C’est également à cette période que le Lauragais est érigé en comté par Louis XI. Il est donné à la famille de La Tour d’Auvergne. L’une de ses descendantes, Catherine de Médicis sera reine de France. En 1553, elle fera du comté une sénéchaussée royale qui ne sera démantelée que lors de la Révolution.
Aujourd’hui sa situation exceptionnelle et ce riche passé sont les atouts qui font de la Cité de Fanjeaux un site-pôle du Pays Cathare : une destination, touristique majeure du département de l’Aude.(In fiche signalétique de la ville)
La mairie : le cadran solaire est l’œuvre du sculpteur local
Tête de Bogomile
Le bogomilisme est un mouvement religieux chrétien naît Xe siècle dans les Balkans, principalement en Bulgarie. dans un contexte de difficultés sociales, de lourdes charges fiscales et de mécontentement envers l’Église officielle et les autorités politiques. Son nom vient du prêtre Bogomil (ce qui signifie en vieux slave « que Dieu prend en pitié » ou « qui supplie Dieu »), considéré comme son fondateur.
Le bogomilisme est une doctrine dualiste, qui oppose deux principes : Le Dieu bon, créateur du monde spirituel à Une puissance mauvaise ou déchue, responsable du monde matériel.
Les bogomiles considéraient le monde matériel comme corrompu et accordaient une grande importance à la vie spirituelle et ils rejetaient plusieurs pratiques de l’Église officielle (le culte des images (icônes) ; la hiérarchie ecclésiastique ; certains sacrements ; la richesse de l’Église).
Les bogomiles privilégiaient la simplicité, la prière et une lecture directe des Écritures mais les autorités religieuses et politiques considéraient le bogomilisme comme une hérésie. Des conciles et des campagnes de répression furent organisés contre ses adeptes. Malgré cela, le mouvement survécut pendant plusieurs siècles.
Le bogomilisme se rapproche d’autres mouvements dualistes médiévaux, notamment les Cathares du sud de la France. (In Wikipédia)
Fanjeaux, berceau des Dominicains, a été un centre religieux extrêmement actif, doté de plusieurs confréries, notamment celle de Notre-Dame. Cette croix a été fixée à un pont construit au 17e siècle. Son emplacement primitif reste inconnu. Il s’agit d’une croix discoïdale de 65 cm de diamètre. Le montant, qui fait corps avec le disque, est de section octogonale aplatie. Les quatre bras de la croix sont séparés par des évidements circulaires presque complets, une simple fente séparant les extrémités pattées. L’une des faces est sculptée, en son centre, d’une main bénissant. L’autre face présente un agneau portant la croix oriflammée. Sur chacun des bras de la croix est gravé, en creux, un écu. Les blasons sont illisibles. (In https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee)
Les Halles
Remaniées au fil du temps, leur remarquable charpente en chêne date du du XVIIIe siècle Les halles servaient de marché couvert où se tenaient les foires et les échanges de céréales, de bétail et de produits locaux et Fanjeaux important bourg fortifié du Lauragais, région surnommée plus tard le « grenier à blé du Languedoc ».
Le poids public
Construit en 1875, il servait pour la pesée des céréales et des marchandises du Lauragais.
Maison dite de Catherine de Médicis
Maison des XV-XVIe siècles, remaniée au XIXe siècle. Aucune source historique ne confirme que Catherine de Médicis y ait séjourné mais il est très fréquent dans les villages du Sud de la France qu’on attribue des noms prestigieux à des maisons anciennes.
L’église Notre-Dame de l’Assomption
Église languedocienne typique (gothique méridional), de la fin du XIIe siècle (1278–1281). Elle aurait été reconstruite sur l’emplacement d’un ancien temple romain dédié à Jupiter.
Le clocher formé d’une tour octogonale, percée de nombreuses baies en arcature brisée, avec gargouilles et d’une flèche flanquée de 6 clochetons à jour, couronnée d’un globe de pierre dans lequel est scellée une croix en fer du Languedoc.
Intérieur
L’ensemble constitue le décor du choeur. La grille de communion est de style Louis XV. L’autel, en marbres de diverses couleurs, est de forme tombeau. Les boiseries, peintes et dorées, divisées par des panneaux décorés, encadrent huit peintures (deux sur les murs de l’arc triomphal et six dans le demi-cercle du choeur). Au centre se trouve une gloire en gypserie. (In https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy)
8 tableaux : L’Annonciation, La Cène, La Descente de croix, La Résurrection, L’Ascension, La Mise au tombeau, La Nativité, La Visitation
L’Annonciation
La Cène
La descente de croix
La Résurrection
L’Ascension
La Mise au Tombeau
?
La Visitation
Vierge à l’Enfant : Sculpture, peint, XIVe siècle
Cette statue, en partie peinte, est à l’état de fragment : elle est coupée à mi corps. La Vierge tient de la main droite un livre, et de la main gauche, l’Enfant, qui tient un oiseau.
La Vierge est hanchée à gauche. De la main droite elle tient un livre ouvert et elle porte l’Enfant sur le bras gauche. L’Enfant est assis de côté avec les jambes croisées. Il fait presque face à sa mère. Dans les mains, il tient un oiseau par les ailes (Un chardonneret car il mange les épines, la couronne du Christ). Le visage de la Vierge est rond et plat, les sourcils sont à peine marqués, les yeux sont saillants, le nez est fin, la bouche est petite aux lèvres fines et le menton est proéminent. La Mère et l’Enfant se regardent. La statue est coupée au niveau des genoux de la Vierge. (In https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy)
La poutre
La poutre de saint Dominique
Dominique de Guzman (futur saint Dominique), installé à Fanjeaux de 1206 à 1215, a tenté par ses prédications de ramener à l’Eglise Catholique Romaine la noblesse locale acquise à l’église des « Bons Chrétiens » ou Eglise Cathare.
En 1207, la joute oratoire qui opposa Dominique à Guilhabert de Castres, évêque cathare, aboutit à l’ordalie (preuve par le feu). D’après la tradition, les écrits des deux orateurs jetés dans les flammes, ceux de Guilhabert de Castres brûlèrent, alors que ceux de Dominique s’élevèrent par trois fois au-dessus des flammes, jusqu’à atteindre une poutre du plafond.
Cette poutre dite du « Miracle du feu » est actuellement à l’église paroissiale, les habitants de Fanjeaux l’y ayant transportée solennellement en 1820, après l’effondrement, sur les lieux du miracle, de la chapelle dite de Saint-Dominique. (In site de la mairie)
La procession du miracle de la poutre de saint Dominique
Huile sur toile de Jacques Gamelin, XVIIIe siècle
Le Christ portant la croix d’après l’œuvre de Raffaello Sanzio Raphael
Orgue de tribune : Menuiserie ; ébénisterie ; XVIIe siècle
L’instrument est dépourvu d’une majeure partie des tuyaux de façade
Le Trésor
Buste-reliquaire de saint Louis d’Anjou
Œuvre exécutée par Pierre Boucaut (orfèvre) à la fin du 14e siècle ou au début du 15e siècle, qui comporte peut-être des parties du 16e siècle. Œuvre en argent : repoussé, ciselé, gravé, doré ; pierre semi-précieuse.
La maison de Saint Dominique
Dès le début du XIVe siècle, ce quartier est appelé "Bourguet san Domenge", avec une rue San Domenge attestant le souvenir de Dominique dans cette partie du village. Sans souvenir historique précis du lieu d’habitation, mais suivant la tradition, les dominicains, gardant les parties médiévales, aménagèrent une maison en oratoire perpétuant le souvenir de Dominique (fondateur de la congrégation des Frères prêcheurs : les Dominicains)
Le Couvent des Frères Prêcheurs
De l’ancien couvent dominicain fondé au Moyen Âge et construit pour les frères prêcheurs (dominicains) au XIVe siècle subsiste une église / chapelle et des anciens bâtiments conventuels.
Aujourd’hui, ce n’est plus un couvent de moines, les bâtiments sont aujourd’hui occupés et entretenus par la congrégation religieuse des sœurs dominicaines de la Sainte Famille.
Le Seignadou
Aux limites de trois régions naturelles, Fanjeaux offre des paysages très diversifiés : le Razès, terre de coteaux, propices aux vignobles (ville principale : Limoux), la Piège aux landes et collines boisées, domaine de la polyculture et de l’élevage et enfin le Lauragais, aux riches plaines céréalières (ville principale : Castelnaudary).
Du Seignadou, on peut admirer la vue panoramique sur la Plaine du Lauragais, la Montagne Noire, l’Alaric et la chaîne des Pyrénées.
A l’extrémité nord-est de Fanjeaux, le Seignadou (Senhador, de l’occidan senhar : le lieu du signe) surplombe la plaine du Lauragais.
Selon la tradition, consignée par écrit au début du XVIIe siècle, c’est du haut de cette esplanade que Dominique en 1207 eut la vision par trois fois renouvelée d’une boule de feu tombant miraculeusement sur Prouilhe.
Le futur saint Dominique, y voyant un signe de Dieu, choisit cet emplacement pour y bâtir une maison destinée aux femmes cathares converties et rejetées par leurs familles. A cette première communauté est confiée la mission de soutenir l’apostolat de Dominique et de ses premiers compagnons. (In fiche signalétique du Seignadou)
Le Chemin de Compostelle
la Voie du Piémont Pyrénéen relie Montpellier à Saint-Jean-Pied-de-Port en 750 kilomètres. Au pied de la montagne Noire, entre Hérault et Aude, fait unique France, les vieux cadastres nous parlent des pèlerins qui ont donné leur nom à l’itinéraire : le Camin de Sanct Jaume ou le Camin Romieu.