Airaines est située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.
Airaines est sur le plateau Picard situé aux confins du Vimeu, proche de l’Amiénois.
Toponymie
Attestée sous les formes Arenis en 1100, Arenae vers 1106 et Araines vers 1110.
Du Arena, « sable » (Cf. une arène est une terre détritique, meuble et formée de grains de sable grossiers) ou Arenoe, Aenariae, « les carrières » (À noter que la partie haute du village est entièrement minée).
La mairie
Monument du Souvenir : « les Forêts Étrangères »"
Vous qui passez, souvenez-vous des journées terribles
des 5, 6 et 7 juin 1940 où des combats atroces ont
détruit et rasé notre ville.
Vous qui passez, n’oubliez pas que, sous vous pieds,
le sang de plusieurs milliers de soldats Français,
Africains et Allemands s’est mélangé à jamais à la
terre d’Airaines.
Vous qui passez, pensez aux souffrances des femmes
et des hommes d’Airaines qui, rentrant d’évacuation,
n’ont trouvé que morts, ruines et désolation.
Vous qui passez, admirez le courage de cette génération
d’Airainoises et d’Airainois qui, par leur travail et leur
ardeur, ont reconstruit notre ville.
« Les Forêts Étrangères »
Sculpture en chêne de Christian LAPIE - 2002
Ville d’AIRAINES - GABON.
Église Saint-Denis
L’église Saint-Denis : du XIIe siècle à aujourd’hui
La paroisse Saint-Denis d’Airaines existe dès le 12ème siècle. Placée sous le vocable du saint patron des Rois de France, elle incite les habitants à prier pour la félicité éternelle de leurs Rois. En échange, par privilège royal, Airaines a le droit, le 9 octobre, jour de la Saint-Denis, de tenir une importante foire commerciale, évènement majeur de la cité.
Un rayonnement jusqu’à la Bresle
Au début du 16ème siècle, la Picardie connaît la prospérité. La population augmente et l’économie se développe. Dans la ville, on reconstruit une église Saint-Denis plus belle, plus spacieuse. Par ses ogives flamboyantes, ses fines nervures et ses vitraux, elle magnifie la créativité et l’intelligence. Saint-Denis, siège d’un doyenné, rayonne sur 58 paroisses, jusqu’à Bresle.
Face au protestantisme qui, dès 1529, gagne l’amiénois, l’Église encourage ses fidèles à payer de superbes œuvres d’art. Avec leur mise au tombeau, les Airainois ont sous les yeux le scandale de la mort du Christ, fruit du mal et de l’impiété. La déposition de son corps, avec, en contrepoint, la beauté formelle, colorée, de Marie et de ses proches, décrivent l’ambivalence de la vie, l’angoisse face à la mort. Les statues, les tableaux, les vitraux provoquent l’interrogation du fidèle sur le sens de la vie et l’au-delà, toutes réponses proposées par l’Église.
François Marduel, curé de Saint-Denis
1789 - 1793, temps de conflits pour les paroissiens d’Airaines qui se divisent en deux camps fratricides : François Marduel adhère aux idées de la Révolution. Il devient prêtre constitutionnel… puis 1er maire d’Airaines ! À l’appel du conventionnel Dumont, deux des trois cloches de Saint-Denis sont envoyées à Amiens pour en faire des canons… Dans la ville, on soutient Marduel ou on le déteste… Bientôt, il doit quitter la Province. Ses successeurs lacèrent les archives pour effacer son souvenir… Après la tourmente révolutionnaire, la paroisse est la seule du bourg à être réouverte au culte. Au 19ème siècle, la municipalité supprime le cimetière qui l’entoure, l’église est agrandie…
Une geôle
Lors de la guerre de 1870, l’édifice sert de prison. Les Prussiens y enferment les habitants de Longpré-les-Corps-Saints qui avaient résisté les armes à la main. En 1940 ; la ville est à 80% bombardée mais heureusement l’église est relativement épargnée et elle est restaurée dès 1944. La reconstruction urbaine privilégie un axe est - ouest qui la met en valeur et lui donne la belle perspective que nous connaissons. (In fiche signalétique de l’église)
Façade ouest
Le clocher, placé en façade, en pierres blanches est cantonné de quatre contreforts et surmonté d’un beffroi en charpente couvert en ardoises.
La nef comprend trois travées dont les pignons et portails sont ouvragés
Mise au tombeau : Pierre, XVIe siècle
Saint Sébastien : Bois, taillé, XVIe siècle
À droite, saint Denis : bois, taillé, XVIe siècle
Vierge de l’ancienne poutre de gloire : Bois, taillé, XVIe siècle
Sainte Catherine : Bois, taillé, XVIe siècle
Les fonts baptismaux
Le prieuré d’Airaines
Le Prieuré d’Airaines est l’une des nombreuses fondations de la congrégation bénédictine de Cluny. Il fut érigé en 1130 dans la dépendance de l’abbaye parisienne de Saint-Martin des Champs. Le Prieuré connu de nombreuses vicissitudes.
Détruit par les Bourguignons en 1422, il fut reconstruit au XVIe siècle. Au moment de la révolution, il fut vendu comme bien national.
Sa dernière destination : une exploitation agricole. Après d’importants travaux de restauration, le Prieuré s’est inscrit dans les grands lieux de diffusion des arts plastiques en Picardie. (In https://www.prieure-airaines.fr)