Dixmont est située dans le département de l’Yonne et dans la région de Bourgogne-Franche-Comté.
Toponymie
Soit du latin mons, « mont, hauteur ») : *Dis Mons / Dismont, « le mont de Dis ».
Soit du nom de personne gallo-romain, comme Dissus, Dicius.
Attesté sous les formes Dainmons vers 1163 ; Dimo en1226 ; Dimon au ; Dymons en 1207 ; Dimont en 1363 ; Dixmont en 1793 ; Diamont, Dixmont en 1801.
Église Saint-Gervais Saint-Protais
Dès le IXe siècle, la paroisse de Dimon (Ecclésia de Dairunonte) figure parmi les trente trois églises sur lesquelles le chapitre de la cathédrale de Sens possède un droit de patronage, confirmé par une bulle du Pape Alexandre vers l’an 1163.
Dans un acte, daté de 1187, le Prieur de Notre-Dame du Charnier de Sens, associe le roi Philippe Auguste aux possessions du Prieuré de l’Enfourchure de Dixmont, il y est également fait mention de l’église.
L’importance de celle-ci peut s’expliquer car Dixmont fait partie de la région de la marche frontière quasi-désertique qui existe entre le domaine royale et le comté de Champagne.
Philippe Auguste accorde en 1190 aux habitants de notre village les franchises, libertés et coutumes de Lorris. Il fait bénéficier en 1205 des mêmes prièges aux sujets de la comtesse de Champagne qui viendraient s’installer à Dixmont.
Cette liberté provoque, par la suite, le mécontentement de la comtesse face au nombre important de ses sujets qui en profitent.
La marche frontière se peuple de villes neuves et de monastères, dont la fondation en 1205 du Prieuré de l’Enfourchure par les moinès de l’ordre de Grandmont. Ces diverses circonstances, les grandes foires saisonnières ainsi que le développement de la population expliquent que l’église est agrandie à deux reprises avec un certain luxe.
De l’église du XIIe, on ne conserve que la partie correspondant à la cinquième travée de la nef actuelle. En même temps, on constuit deux travées à l’Est, la dernière n’est qu’autre que le chevet au début XIIIe. ↕À la fin de ce siècle et début XIVe, la constrution, en direction de l’Ouest, des quatre premières travées de la nef avec leurs bas-côtés ne se terminera qu’au XVIe siècle et on finit par le clocher porche.
En 1500, on y travaille le carrelage. Les voûtes des bas-côtés qui menacent tuine en 1769 sont abattues et templacées par un plafond qui est restauré depuis peu.
En 1850, une restauratlon, dont le résultat n’est pas satisfaisant, réunit le neuf ainsi que la travée. Cette opétation est financée par le vicomte de Corberon.
Grâce à son portail occidental de style roman, une partie de l’église a été classée aux Monuments Historiques par arrêté du 28 novembre 1923. La totalité de l’église a été clssée par arrêté du 29 mars 1967.
La partie la plus ancienne, vestige du sanctuaire mentionné dans la bulle papale vers l’an 1163, est la cinquième travée de la nef actuelle.
Les quatre premières travées de la nef présentent à l’exception de leurs voûtes plus récentes, les caractères du style de la fin du XIIIedébut XIVe. La clef de voûte pendante en lanternes a un décor intégralement gothique.
Le clocher porche date du début XIVe. Il est épaulé par de lourds contreforts de grès. Il est constmit avec les mêmes matériaux. C’est une tour carrée massive dans laquelle s’enchâsse un portail en arc brisé avec un tympan sculpté du Christ et la Vierge dans la scène du couronnement avec deux anges agenouillés, des voussures portent une douzaine d’anges avec des encensoirs et des statues dans les piédroits : ce sont l’ange de l’Annonciation (il fait penser à « l’ange au sourire » de la cathédrale de Reims) et la Vierge.
Les deux cloches datent de 1554. Elles faisaient partie d’un ensemble de six cloches qui ont été fondues en même temps grâce aux dons des paroissiens. C’est ce que rapporte l’inscription sur l’une d’elle :« les Dymontois en ung jour ont fait faire le foy, charité et dévoction, six cloches ensemble ».
La sonnerie de ces cloches était renommée comme une des plus belles de la région.
Un bas relief, très abîmé, déposé dans le porche est un vestige de la chapelle Saint Gervais Saint Protais élevée vers la source qui porte son nom. Elle a été démolie en 1927. La scène représentée est probablement celle du martyre des deux saints.
Les stalles de style Renaissance datent du XVIe. Elles proviennent du Prieuré de l’Enfourchure. C’est le Prieur, l’abbé Sallier qui en fait don à l’église.
Une belle chaise gothique à haut dossier est sculptée de motifs frainboyants du XVe.
Tableaux de l’école française du XVIIIe siècle.
Une statue polychrome de la Vierge à l’enfant assise date du XIVe.
De nombreux remaniements effectués par quelques prêtres ont fait disparaître un paii :Ïe du mobilier (chaire, autel, tableaux, statues).
Notre église est classée. De nombreuses réparations ont été effectuées ces dernières années sous la direction des Beaux-Arts afin de préserver ce magnifique monument. (In fiche signalétique de l’église)
Statues Dans les pieds-droits du grand portail
Pierre du XIVe siècle
L’Ange Annonciateur Gabriel et la Vierge
Piéta : Bois, polychrome, XVe siècle
Sainte Anne trinitaire
Sainte Anne, la Vierge à l’Enfant : Bois, taillé, XVIe siècle
Vierge à l’Enfant : Pierre, peint, XIIIe siècle
Saint Sébastien : Pierre, polychrome
saint Eloi : Calcaire ; bois, XVIIe siècle
Saint Gervais, Saint Protais : Bois, polychrome, XVIIIe siècle
Vierge à l’enfant et saint Jean-Baptiste : Huile sur toile, XIXe siècle
Disciples d’Emmaüs : Huile sur toile, XVIIe siècle