Villegailhenc

Villegailhenc est située dans le nord du département de l’Aude en région Occitanie.

Toponymie
Soit du latin «  Villa Galiéni  », de Villa « maison de campagne » fondée par le général romain Galiénus ou Galien vers l’an 70 de notre ère ; soit de Ville- qui signifie « village » ou « domaine » et du suffixe -gaihenc qui dérive d’un nom de famille local ou d’un terme occitan ancien.

Eglise Notre-Dame de l’Assomption

L’église primitive

Avant la construction de l’église actuelle, le village possédait une église romane, mentionnée dès 1269 et qui a servi de paroisse au Moyen Âge. D’une architecture massive avec des murs de nef atteignant deux mètres d’épaisseur à la base et avec son massif clocher carré relié au fort du village, elle a été utilisée comme refuge fortifié en temps de guerre comme pendant les guerres de religion (les annales attestent qu’en 1589, l’église fut le théâtre d’un siège où des partisans du duc de Joyeuse, commandés par l’Espagnol Don Pedro Pacheco, résistèrent aux troupes protestantes du vicomte de Mirepoix malgré l’usage du feu pour enfumer les assiégés). Elle était également dédiée à Notre‑Dame, elle est aujourd’hui une propriété privée, vendue en 1873, et n’est pas ouverte au public.

L’église actuelle

L’église médiévale devenue trop petite, la première pierre de la nouvelle église fut posée, place de la Rose d’Argent en 1869.


Rose d’Argent : renvoie directement aux armes communales. Le blason de Villegailhenc est «  d’azur à une rose d’argent et une cotice de gueules brochante sur le tout  ; au chef bandé d’argent et d’azur   ».

Pour son financement, une loterie est autorisée avec de somptueux lots offerts par Sa Majesté l’Impératrice Eugénie (épouse de Napoléon III), la Marquise de Jonquière, l’ancien préfet M. Magnien, la Marquise de Pennautier.
L’église est consacrée le 26 octobre 1873 par Monseigneur Leuillieux, évêque de Carcassonne, sous le vocable de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, avec saint Joseph comme patron secondaire.

Intérieur
Vierge : bois : peint, doré, XVIIIe siècle
Saint Pierre, Saint Paul : bois : peint, doré, XVIIIe siècle
L’Assomption de la Vierge Marie : peint par l’abbé Chabaud en 1940


Copie agrandie d’une œuvre célèbre de Bartolomé Estéban Pérez Murillo (peintre espagnol du XVIIe siècle). Murillo a peint plusieurs versions de ce thème, dont certaines sont exposées dans de grands musées. L’abbé Chabaud s’en est inspiré pour son propre tableau et les angelots autour de la Vierge représentent des enfants du village qui servaient la messe à l’époque — un hommage de l’abbé aux paroissiens.


L’ancienne prophétie. Pendant la Révolution française, beaucoup d’objets religieux ont été confisqués par les autorités, fondus (surtout les objets en argent) voire détruits. Alors le curé et quelques habitants fidèles craignant de voir disparaître leur Sainte-Relique auraient décidé de la cacher. La Sainte-Épine aurait été ainsi retirée du reliquaire et elle aurait été dissimulée dans une maison du village.
Le reliquaire en argent, lui, aurait été perdu ou fondu pendant cette période troublée… mais l’épine précieusement conservée.
À l’issue de ces périodes troublées, au début du XIXᵉ siècle, la relique aurait été rapportée à l’église et placée dans le reliquaire actuel, fabriqué entre 1809 et 1819.

Reliquaire de la Sainte-Épine en argent : repoussé, ciselé


Sous un verre, une gaine d’argent contient les fragments des saintes épines
En cm : h = 44 ; la = 20,5 (Largeur aux bras)
Œuvre exécutée entre 1809 et 1819 par Jean-Pierre II Aribaud
Orfèvre de Carcassonne.


L’œuvre est signée « Berthomieu » qui est le nom du maître orfèvre ou de l’atelier ou du contrôleur des métaux précieux chargé de vérifier l’objet.




Le reliquaire contient 4 fragments d’épines (de tailles différentes) qui, selon la tradition chrétienne, proviendraient de la couronne d’épines portée par Jésus lors de la Passion.


La Couronne d’épine. Dans les Évangiles, les soldats romains posent une couronne d’épines sur la tête de Jésus pour se moquer de lui avant sa crucifixion. Cette scène fait partie de la Passion du Christ, c’est-à-dire les souffrances précédant sa mort.
La couronne devient ensuite l’une des reliques les plus vénérées du christianisme.
L’arrivée de la Couronne d’épines en France. Au XIIIe siècle, la couronne d’épines se trouvait à Constantinople. Elle appartenait à l’empereur latin Baudouin II de Courtenay, qui avait de grandes difficultés financières.
En 1239, le roi de France Louis IX (futur Saint-Louis) rachète la relique et la fait venir en France et il organise une grande procession pour l’accueillir à Paris.
La Sainte-Chapelle. Pour conserver la relique, Louis IX fait construire un magnifique édifice, la Sainte-Chapelle sur l’Île de la Cité à Paris. Terminée vers 1248, elle sert de reliquaire monumental pour les reliques de la Passion (la couronne d’épines, des fragments de la croix, la lance et l’éponge de la Passion).
Les fragments distribués en Europe. Au fil des siècles, plusieurs petits fragments d’épines sont séparés de la couronne et offerts à des églises, des rois, des monastères.
C’est ainsi que l’on trouve aujourd’hui des reliques appelées « Sainte-Épine » dans de nombreux lieux d’Europe et la relique de Villegailhenc fait partie de cette tradition : elle serait un fragment transmis à l’Église puis conservé dans l’église du village.
La couronne aujourd’hui. La Couronne d’épines est aujourd’hui conservée à Cathédrale Notre-Dame de Paris. Elle reste l’une des reliques chrétiennes les plus célèbres du monde.


Lien avec Villegailhenc. La légende locale rapporte qu’une épine aurait été apportée dans la région par un prêtre du village voisin d’Arzens qui en possédait deux.
Très vite, les habitants ont commencé à considérer cette épine comme protectrice et on racontait que prier devant la relique pouvait protéger les familles contre les épidémies qui frappaient souvent les villages aux XVIIe et XVIIIe siècles. La Sainte-Épine était aussi invoquée pour protéger les vignes et les champs, éviter la grêle ou les tempêtes,
obtenir de bonnes récoltes.
Pendant plusieurs siècles, un pèlerinage local se déroulait à Villegailhenc le dimanche après le 3 mai, fête de la Sainte-Croix.
On raconte localement une histoire liée à une catastrophe naturelle qui a marqué la région : le grand tremblement de terre de Carcassonne du 14 août 1778. Dans plusieurs villages de l’Aude, des maisons se sont fissurées, des clochers ont été endommagés. À Villegailhenc, les habitants se seraient réunis dans l’église pour prier devant la Sainte-Épine et auraient demandé la protection divine pendant les secousses. Le village aurait été relativement épargné par rapport à certains endroits voisins et les habitants ont alors attribué cette protection à la relique.

Calice, patène : argent : doré, émail

Poinçon de maître : inscription RAFFIN sur deux lignes, dans un rectangle en long. 2e titre départements 1798-1809 : coq en colère, dans un hexagone irrégulier en large, différent à gauche. Poinçon de garantie : tête de vieillard dans un ovale de face, différent de l’Aude, n°11 (moyenne garantie).


Sur les coutumes particulières dans la paroisse
Carnet du curé
1930

Le chaos désastreux

Dans la nuit du 14 au 15 octobre 2018, l’équivalent d’un an de pluie s’abat sur Villegailhenc. Les paisibles ruisseaux du Trapel et du Merdeau entrent en crue et subitement le pont qui enjambe la rivière le Trapel est arraché, emporté, coupant la commune en deux.
Villegailhenc vit alors les pires heures de son histoire : 430 habitations sinistrées sur les 860 que compte Villegailhenc. Quatre personnes perdront la vie durant ce drame. Un tel dégât naturel ne s’était pas produit depuis 1891 où l’eau avait atteint plus de 7.95 mètres dans l’Aude.


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mardi 10 mars 2026
par  gs

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