Aragon

Aragon est située dans le département de l’Aude en région Occitanie.

Toponymie
Plusieurs hypothèses existent :
1) D’une racine ancienne pré-latine arag- ou ar- liée à l’eau ou aux cours d’eau. Soit Aragon, « lieu près de l’eau » ou « rivière ».
2) Du gallo-romaine selon un nom de domaine rural basé sur un nom d’homme latin (ex : Aragus ou similaire avec le suffixe -onem / -on. Soit « domaine de Aragus »
3) Le nom pourrait venir du royaume d’Aragon et daterait du XIe siècle mais aucun lien direct historique n’est prouvé.
Attesté sous la forme Aragonum au XIe–XIIe siècle puis Aragon à partir du Moyen Âge.


Le château
Après avoir appartenu au roi de France à la suite de la croisade albigeoise, le château d’Aragon sera ensuite inféodé à des possesseurs particuliers. La seule mention textuelle connue figure dans un compoix de 1669.
Le château, aujourd’hui propriété privée, conserve quelques éléments (non visibles de la rue) du logis médiéval.
La façade actuelle s’organise entre deux tours carrées de petite section. Très remanié, le château comporte quelques éléments remarquables en milieu de façade : la porte (XVIe-XVIIe siècles), encadrée par deux colonnes reposant sur des bahuts au décor en pointe de diamant, est surmontée des vestiges d’une bretèche (XVe siècle).
Certaines parties du château sont inscrites Monuments Historiques. (In fiche signalétique de la ville)

Église Sainte-Marie


L’église, telle qu’elle était après les cathares
Depuis de nombreuses années, le toit de l’église donnait des inquiétudes. Il présentait des signes évidents de fatigue. A l’intérieur on pouvait remarquer de nombreuses gouttières. Mais les voûtes paraissaient solides jusqu’au jour où l’on entreprit les travaux de réfection de la toiture.
On s’aperçut, en la démontant, que de nombreux éléments anciens étaient là partiellement effondrés sur les voûtes qui, elles, étaient beaucoup plus récentes puisqu’on les avait bâties au XIXe siècle. On comprit alors qu’on avait à faire à une disposition très ancienne habituelle aux églises du Languedoc : le chœur est solidement voûté en pierres, la nef est à charpente apparente.
Dans d’autres églises les fausses voûtes sont tombées d’elles même et ont découvert des parties anciennes qu’elles possédaient. C’est le cas de Trèbes.
D’autres églises n’ont pas eu le même sort, mais devant le danger que faisaient courir à la population ces désordres, on avait préféré démolir.
Comme à St Michel de Castelnaudary où les fausses voûtes étaient construites en un mélange de plâtre et de rafles de maïs. D’autres églises ont toujours présenté le plafond apparent d’origine ou remanié comme Fanjeaux, Lamourguier à Narbonne, Gruissan, etc…
Heureusement à Aragon, les fausses voûtes ont évité au toit de s’effondrer malgré les quelques réparations que l’on y avait faites. Elles ont permis de retrouver un véritable décor d’origine qui s’avère très intéressant, puisqu’il est composé de corbeaux, de solives et de planches faîtières décorées qui nous livrent la date de la construction. En effet, sur ces planches aussi bien que sur les corbeaux, on trouve quelques, armoiries dont la plus importante est certainement celle de l’évêque de Carcassonne Pierre de Roquefort : "De gueules à trois rocs d’échiquer d’or”. Ces armoiries se retrouvent dans les vitraux et autres parties de l’ancienne cathédrale des Sts Nazaire et Celse à Carcassonne où Pierre de Roquefort a son tombeau. Mais on trouve également ce blason aux églises de Mas des . Cours, Rouffiac d’Aude, Fontiès d’Aude et sur la charpente de Pomas.
On peut donc dire que l’église d’Aragon date du début du XIVe siècle. On peut même penser qu’un autre blason : "De sable à la croix d’or à la bordure de même" est celui du prédécesseur de Pierre de Roquefort à l’évêché de Carcassonne Jean de Chevry (1299-
1300) et que le troisième blason : "Ecartelé en sautoir d’azur et de gueules" est celui de l’abbé Auger de Lagrasse (1280-1308).
La fin du XIIe siècle et le début du XIVe siècle ont été après les événements de l’épisode cathare, favorables à la construction d’innombrables églises et à la reconstruction ou au remodelage des forteresses militaires de la frontière française. C’est pendant cette période que l’on construisit la cathédrale de Narbonne, comme le chœur des Sts Nazaire et Celse, les églises de St Michel et St Vincent à Carcassonne, les églises d’Azille, de Montréal, de St Michel de Castelnaudary, de Lézignan, Trèbes.
La construction de l’église de Fanjeaux était terminée à la fin du XIIIe siècle. Je ne parlerai pas des aménagements de forteresses comme la Cité de Carcassonne ou le Château de Peyrepertuse entre autres.
Quand on fit la découverte de ces éléments anciens, on ne manqua pas d’alerter le service des Monuments Historiques qui fit stocker toutes les pièces avant d’en faire un inventaire. L’abondance et la qualité des éléments retrouvés permirent d’envisager la remise en place, au moins partielle, de quelques éléments. Il n’était pas question, bien sur, d’enlever toutes les fausses voûtes et on prit la décision de rétablir dans son intégralité une seule travée dont on supprima la fausse voûte, près du portail d’entrée, où l’on présenterait les plus belles pièces inutilisées. .
Le travail a donc consisté à nettoyer les peintures, à les refixer pour leur nouvelle présentation. Il a été inutile de lutter contre les insectes du bois, il n’y en avait pas. On savait au XIVe siècle tailler et laisser sécher le bois avant de s’en servir. La seule agression fut malheureusement celle de l’humidité qui provoqua le pourrissement de certaines parties. De même, il fallu réajuster certains éléments que l’on avait maltraités pour les dégager.
Les corbeaux traversiers sont des pièces de bois posées sur du mur des arcs diaphragmes, qui dépassent d’un côté comme de l’autre de quelques dizaines de centimètres et reçoivent les poutres (solives) qui portent le platelage et les tuiles.
Quant aux planches faîtières ce sont des plaques importantes puisqu’elles mesurent en moyenne cinq mètres de long sur soixante centimètres de large.
Elles sont placées entre les voliges rainurées à décor de fleur de lys et elles sont au nombre de deux par travée.
En plus des armoiries déjà citées, il faut souligner la présence d’autres armoiries sur les corbeaux dont nous ne connaissons pas l’interprétation, (hormis le lys de France).
Il y a aussi quelques figures peintes d’hommes et de femmes qui ressemblent aux portraits de Trèbes.
Les corbeaux sont sculptés d’une façon très libre, pratiquement il est impossible de trouver deux décors parfaitement identiques.
Les flancs de ces corbeaux sont ornés de certaines arabesques que le professeur toulousain Durliat, savant historien de l’Art, estime comparable aux décors de certaines armoires majorquines.
Les planches faîtières procèdent en partie du même décor d’arabesques avec feuilles d’acanthes, au centre trois blasons circulaires sont tenus par des monstres à corps de mammifères, de lézards ou d’oiseaux, et à têtes d’oiseaux, d’hommes coiffés de leur bonnet, d’évêques mitrés et crossés… Peut-être convient-il de remarquer que dans ces trois blasons, figure celui d’un abbé de Lagrasse. Nous sommes bien dans le diocèse de Carcassonne, mais un accord avait été passé entre Aragon et Lagrasse pour que les troupeaux de Lagrasse ne souffrent pas de la chaleur estivale des Corbières et viennent passer cette partie de l’année à Aragon.
Faut-il voir là l’origine de l’importance des capitelles ?
Les solives ont également à leurs abouts deux plaques superposées rouges et bleues, mais il faut noter que lors du démontage de l’ancienne toiture, plusieurs de ces solives avaient un décor latéral assez inquiétant au dessus des corbeaux, mais beaucoup plus grand qu’eux. Il s’agissait de monstres, de renards, de loups à la gueule ouverte munies de crocs énormes. Il en reste au moins des photos…
Dans l’arrangement actuel on a voulu présenter le maximum des éléments restant inemployés, mais il faut se méfier d’un éclairage trop violent sur cette dernière travée. Ce décor était vu avant la découverte de l’électricité dans une pénombre plus intime.
Jean PAUC, Conservateur des A.O.A. de l’Aude. (In fiche signalétique de la ville)

4 pièces de charpente (planches faîtières) :bois, peint, XIIe-XIVe siècle


La toiture de l’église était couverte d’une charpente sur diaphragme avec des voliges soulignant la faîtière. Elle fut voûtée au cours du 18e siècle par une maçonnerie cachant la charpente. A l’occasion de travaux, cette charpente fut découverte. Ces planches faîtières ont été exécutées entre 1280 et 1310. Leur décor peut être rapproché de l’art mudéjar espagnol et du plafond de Frontignan. (In https://pop.culture.gouv.fr/)


Les bois peints
La figure humaine est le thème le plus attractif de cet ensemble. Toutes les figures représentées le sont de trois-quarts gauche. Les personnages se découpent sur un fond rouge qui était très vif à l’origine. Les coloris utilisés font plutôt appel à des teintes claires. Le noir souligne traits et contours. La schématisation des traits des personnages conduit à éliminer l’hypothèse de portraits. (In fiche signalétique de la ville)


Les bois peints
L’église est construite dans un style dit gothique méridional qui se caractérise par une large nef unique, couverte d’une charpente reposant sur des arcs diaphragmes et précédant un chœur, le plus souvent voûté et de belle facture. Au XIXe siècle, l’église d’Aragon, comme bon nombre d’entre elles, subit des transformations : des fausses voûtes décoratives, plus légères, cachent la charpente qui tombe dans l’oubli. C’est probablement à cette « installation » empêchant la chute des éléments dégradés de la charpente que l’on doit la sauvegarde de sa plus grande partie.
Redécouverts en 1988 lors de la réfection de la toiture de l’église, les bois peints méritent une attention particulière et sont depuis 2001 classés Monuments Historiques. La travée de l’entrée de l’église a été rétablie pour permettre d’imaginer la décoration primitive de la nef. Ont été mis en situation d’être présentés au public :
• Au mur pignon : 4 planches faîtières
• Au gouttereau sud : 4 fragments de corbeaux, en chêne : un corbeau « témoin », dans l’état lors de son remplacement, et trois corbeaux historiés : de gauche à droite, noble, roi et notable.
• Au gouttereau nord : une série de 9 pièces, complètes, portant un décor à motifs issus de l’héraldique.
Ces éléments ont été nettoyés et protégés avant d’être positionnés, de façon arbitraire, sur les deux gouttereaux. Les planches ont dû être réassemblées.
Il est difficile de supposer que ces éléments peints aient été réalisés en atelier. Le bois a subi une préparation avant d’être travaillé car aucune trace d’attaque d’insectes xylophages n’a été trouvée.
Grâce aux écus des planches faîtières, on peut estimer que le chantier de l’église s’étala entre 1291 (début de l’épiscopat de Taillefer) et 1321 (fin de l’épiscopat de Roquefort). (In fiche signalétique de la ville)

buste-reliquaire : Saint Loup (?). bois : peint, doré, XVIIe-XVIIIe siècle[]


Incomplet ; il manque le socle.Buste d’évêque coiffé d’une mitre ornée de cabochons imitant les pierres précieuses. Le visage est encadré de boucles de cheveux longs et noirs. Il est vêtu de l’amict sous un surplis ou une aube ; par dessus il porte une chape ornée d’un orfroi. Cette chape et son chaperon portent un décor rechampi. (In https://pop.culture.gouv.fr/)


buste reliquaire de Saint-Loup
Bois stuqué, peint et doré.
La monstrance avant été otée et sommairement ocoulté on peut envisager l’abandon de cette œuvre, démodée et fragile, au profit d’un petit reliquaire néo-gothique, conservé en la sacristie.
Malgré des caractères archaïques appuyés l’œuvre parait être au mieux de la fin XVIII-début XIXe s. (In fiche signalétique de l’église)

[|Vierge à l’Enfant : Bois, XVe siècle


La Vierge est hanchée à gauche. Elle a les mains fines. Dans sa main droite, elle tient une fleur, certainement ajoutée ultérieurement. Elle porte l’enfant assis sur la main gauche, celui-ci est de très petite taille, disproportionné par rapport au reste de la sculpture. Il est nu, couvert par le manteau. Il est paré d’un collier de perles et tient un oiseau dans les mains. Il est assis sur le côté. Le visage de l’enfant est fait sur les mêmes canons que ceux de sa mère, il est un peu plus joufflu.La complexité des plis de la draperie du manteau de la Vierge permet de se demander s’il ne s’agit pas d’une uvre germanique selon l’hypothèse émise par MM. Méras et Ternois dans le catalogue de l’exposition Trésors d’art gothique .Jacques Baudoin a remarqué que les statues de Monze et de Ginestas (le groupe Sainte Anne) ont les mêmes ondulations dans la chevelure. Aussi peut-on regrouper ses trois œuvres et les attribuer au même sculpteur, certainement d’influence allemande. (In https://pop.culture.gouv.fr/)

Vierge à l’Enfant : bois : taillé, peint, polychrome, doré, XIXe siècle
Tabernacle : bois : taillé, doré, XVIIIe siècle


De section trapézoïdale, ce tabernacle est décoré de rocailles. La porte est sculptée de vigne et de blé. Deux ailerons l’accompagnent à droite et à gauche ; la trace en est restée sur les murs, il ne subsiste qu’un fragment de l’aileron gauche où l’on distingue une volute de feuillage, au dessus d’un décor losangé. Le tabernacle est surmonté d’un expositoire pour une croix d’autel avec son socle. Un dossier orné d’une acanthe descendante est bordé d’un lambrequin. Les dimensions de ce tabernacle en font un élément très important du décor du sanctuaire de cette église. (In https://pop.culture.gouv.fr/)


tabernacle
Bois doré sur une assiette rouge (tons chauds).
Cette pièce devait, avant les transformations de l’église, au XIXe siècle, trôner au centre du maître-autel.
La rupture entre les lignes tendues, géométriques et raides, du tabernacle lui-même, au centre, et les volutes, un peu lâches, de la gloire et des deux palmettes accostant l’ensemble nous inciterait à considérer la composition comme effectuée en deux temps. Un élément plus ancien, fin XVIIe s, appartenant peut-être à un retable détruit, a été assemblé avec des décors “baro-quisants", souples et arrondis, au début du XVIIIe s.
Les motifs décoratifs, blés et vigne, sont bien dans l’esprit de ce meuble, dédié à l’Eucharistie. (In fiche signalétique de l’église)

Le Chemin de Croix

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lundi 6 avril 2026
par  gs

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