Gruissan est située dans le département de l’Aude en région Occitanie.
Toponymie
De l’occitan grau qui désigne « un chenal, un passage entre la mer et les étangs littoraux ».
Du latin gradus, « pas, « passage » ou du gallo-roman grauus, « grève, rivage sablonneux ou plage ».
Attestée au XIIIe siècle sous la forme montagne de Gruissan.
La tour Barberousse
Attesté dès le Xe siècle, propriété des archevêques de Narbonne, le château sert du XIe siècle au XIIe siècle de lieu de protection de la population locale des incursions de pirates. Puis il devient une forteresse convoitée et le théâtre de luttes sanglantes durant la Croisade des albigeois au XIII siècle, et pendant les guerres de Religion. Au XVIe siècle, le château est pris par les troupes de Montmorency et partiellement détruit sur ordre de Henri IV à la fin du XVIe siècle. L’abandon du château débute au XVII siècle sur les ordres de Richelieu et il sert alors de carrière de pierre.
Le surnom « Barberousse » est traditionnellement associé au corsaire ottoman Khayr ad-Din Barberousse, mais ce lien est surtout légendaire.
Le nom « Barberousse » pourrait avoir été donné plus tard en raisonde la couleur rousse de la pierre.
Église Notre-Dame de l’Assomption
Le clocher est une ancienne tour de guet du village fortifié.
Chapelle de la Vierge, aménagée dans l’ancien porche d’entrée de l’église
L’autel, en marbre blanc, est de forme tombeau. Il est encastré dans une niche présentant deux autres niches où se trouvent les statues, en bois doré, de saint Joseph et saint Dominique, encadrant la statue de bois doré de la Vierge à l’Enfant.
Maître-autel
Le maître-autel, le tabernacle et les six colonnes de marbre rose auraient été donnés à la paroisse de Gruissan par Monseigneur Arthur-Richard Dillon, dernier archevêque de Narbonne et seigneur de Gruissan. Il s’agit d’une copie réduite voire simplifiée de celui de la cathédrale de Narbonne.
La statue de l’Assomption de la Vierge et le baldaquin furent installés en 1843, après que l’on eût réparé les dommages subis par cet ensemble en 1793 (deux anges adorateurs placés de part et d’autre du tabernacle et la table de communion en marbre de Caunes furent alors détruits et n’ont jamais été remplacés).
Le chœur est clôturé par un appui de communion en marbre incarnat de Caunes.
Ex-voto Saint Pierre : huile sur toile de Jacques Gamelin, XVIIIe siècle
Commande du conseil municipal pour commémorer le tragique accident du travail du 10 Ventose An V. où 32 pêcheurs de Gruissan trouvèrent la mort. Le souvenir se perpétue par une procession à la chapelle des Auzils.
Ex-voto gigantesque représentant le plus important naufrage qu’a connu le village de Gruissan
La cuve, de section trapézoïdale, est posée sur une console décorée. Elle est constituée de plaques de marbre blanc encadrées de bois sculpté, peint et doré. Le dorsal épouse la forme du pilier de l’arc diaphragme sur lequel la chaire est accrochée. L’abat-voix, en corniche, est surmonté d’un angelot assis.
Chapelle Notre-Dame des Auzils
L’histoire de la chapelle
En 1080, les moines de l’abbaye de Cassan, dons l’Hérault, installent un prieuré dans le Clape. Il accueille les voyageurs qui parcourent â pied l’inhospitalier massif.
Le nom « Dame dals Auzils » est donné en 1223, lorsque les religieux de Boulboune, dans l’Ariège, achètent le prieuré.
L’actuelle chapelle semblerait avoir été construite en 1635. Depuis, elle a été maintes fois rénovée et a rencontré de nombreux problèmes.
L’édifice n’étant pas â l’abri de l’humidité, un bon nombre de ses décorations dont certains ex-voto d’une très grande valeur sont peu à peu envahis par la moisissure.
Espérant être aidés à la rénovation de ces peintures, les habitants du village réussissent à faire classer la Chapelle monument Historique en 1964.
Le chœur de l’église, particularité étrange et sans doute rarissime, est exactement bâti au-dessus d’une grotte, la grotte Saint Salvaire. Le choix de cet emplacement n’est certainement pas dû au hasard.
Ancien lieu de culte, captation d’un tellurisme (qui a rapport à la terre) comme c’est le cas dans d’autres sanctuaires ou choix des bâtisseurs sur une inspiration divine, voilà de quoi alimenter l’imaginaire.
Mais il est indéniable qu’à la grande beauté du lieu s’ajoute ce sentiment ineffable de bien-être et de force. (In fiche signalétique de la chapelle)
Accrochée aux hauteurs du massif de la Clape, au-dessus de Gruissan, la Chapelle Notre‑Dame des Auzils veille depuis des siècles sur les marins et leurs familles. Ce lieu emblématique, accessible par "l’Allée des Naufragés", bordé de 26 cénotaphes dédiés aux disparus en mer, offre une atmosphère unique où se mêlent mémoire, spiritualité et nature sauvage.
La chapelle de notre-dame des auzils est une chapelle votive au terroir de la Clape, sur la commune de Gruissan. La plus ancienne mention de "Notre-Dame des Auzils" date de 1223 (Archives Municipales de Narbonne, ancien archevêché. L’ortho-graphe du nom auzils a varié au cours des temps et s’écrit aussi auxileou ausils…. notre-dame des auzils peut se traduire par Notre-Dame des Secours, auzils (du mot latin auxilium) signifie "Auxiliaire" (=qui aide par son concours, sans être indispensable) ou "Auxiliatrice" (=qui donne du secours). On trouve sur les ex-voto, le plus souvent, l’intitulé : "Notre-Dame du Bon Secours de Gruissan".
Il semble qu’à son origine, la garde de cette chapelle ait été confiée à un ermite, dont le logement était accolé à la sacristie, à l’extérieur. Cette chapelle est devenue par la suite un lieu de dévotion maritime.
L’édifice est bâti au-dessus de la grotte dite de Saint-Salvaire. La toiture repose sur des arcs diaphragmes. Le chœur a été ajouté en 1854. Dans le retable de l’autel, entouré de colonnes en marbre rose de Caunes, une niche renferme la statue de N.D. des Auzils. Cette Vierge à l’Enfant, en pierre polychrome et bois, date du XVème siècle (classée parmi les Monuments Historiques). A la suite d’une attaque de termites, l’intérieur a du être radicalement remanié en 1981 : la toiture et les mortiers furent refaits.
De nombreux ex-voto marins (classés parmi les Mon. Hist.) décorent la chapelle. Cependant soixante d’entre eux furent volés en 1967 ; ils furent reproduits en "trompe l’œil" directement sur les murs grâce aux documents conservés, en 1981. Un ex-voto peut être ainsi défini : (premiers mots de la formule latine : "ex-voto donatum" = donné à la suite d’un vœu) Objet exposé dans une église pour accomplir un vœu ou en souvenir reconnaissant d’une grâce obtenue, ou bien encore aussi pour demander une protection spéciale (maquettes de navire). Le plus ancien ex-voto de Notre-Dame des Auzils date de 1637 (statuette de la Madone recueillie sur le champ de bataille de Leucate) ; la plus ancienne aquarelle est de 1816.
L’autel face au peuple est une peinture de Geneviève Duboul (1971). Sur la face principale, Notre-Dame des Auzils protectrice des gens de mer de Gruissan ; côté droit, saint Joseph charpentier de marine ; côté gauche, saint Pierre, patron des pêcheurs.
Les deux principaux pèlerinages ont lieu les lundi de Pâques et de Pentecôte. Un troisième pèlerinage a été ajouté récemment le 15 août, fête de la Vierge Marie.
Le chemin qui mène à la chapelle porte aujourd’hui le nom de Cimetière Marin. 24 stèles ou cénotaphes bordent en effet ce "Chemin de la Bonne Mère", pour rappeler le souvenir des marins disparus en mer ou morts loin du pays. Les épitaphes rappellent de nombreuses tragédies de la mer et demandent aux pèlerins une prière pour les morts et les vivants endeuillés. La stèle la plus ancienne est celle de François Gibert, mort en 1844, à Port-au-Prince.
A l’entrée du chemin, le jardin a été dessiné par Michel Cyprien, le dernier ermite de Notre-Dame des Auzils, mort en 1888. (In fiche signalétique de la chapelle)
La chapelle
En 1080, la première trace écrite mentionne un prieuré. En 1223, un acte d’achat atteste l’existence de Notre-Dame du Bon Secours, Dame Dals Auzils.
En 1635, la chapelle est profondément remaniée.
Les vitraux de la chapelle sont réalisés en 1967 par Henri Guérin, Maitre verrier toulousain 1929 - 2009.
De nos jours, seuls deux des huit vitraux sont encore visibles.
Au fil des ans, des ex-voto divers (maquettes de bateaux, broderies et surtout des tableaux) ont été offerts à la Bonne Mère pour la remercier ou pour demander sa protection, transformant peu à peu la chapelle en véritable musée des périls de la mer.
En juillet 1967, la plupart des ex-voto sont volés et en 1980, ils sont peints en trompe-l’œil grâce aux photographies faites par le curé du village en 1964 pour établir le dossier de classement aux Monuments Historiques.
En 1960, une invasion de thermiques entraîne la disparition des tribunes. Lors des travaux de restauration, les ouvertures sont modifiées.
La statue de la Vierge, la Bonne Mère des Gruissanais, se trouve dans le cœur de la chapelle qui est bâtie au-dessus de la grotte Saint-Salvaire, probablement lieu de culte pré-chrétien. (In fiche signalétique de la chapelle)
L’origine mystérieuse du mot « Auzils »
Plusieurs significations sont données au nom de la chapelle.
« Auzils » peut venir du mot latin « Auzel » qui signifie oiseau ou « auxilium » traduit par « aide ou secours ». Cette seconde étymologie convient mieux à Notre Dame qui est censée porter aide et secours aux marins.
Mais, une autre interprétation fait planer le doute.
En occitan, « Auzina » signifie chêne vert. Et, cet arbre est très présent dans le massif de la Clape.
Quelle qu’en soit la véritable signification, il faut aussi rappeler que « les Auzils » ne désigne pas seulement la chapelle mais aussi un lieu. Déjà en 1305, un document parle de la « Clap (montagne ou tas de cailloux) des Au¬zils ».
Alors, montagne de chênes verts ou montagne des secours ?
Au fil des siècles, la population des pêcheurs gruissanais à la fois bien an¬crée vouera à ce lieu un véritable culte. Visible de loin en mer, c’est vers lui qu’ils tourneront leur regard quand ils devront affronter les périls et le redoutable appétit du Golfe du Lion. (In fiche signalétique de la chapelle)
Les ennuis de la chapelle
En 1967, la porte de la chapelle est fracturée et une cinquantaine d’ex-voto est volée. Ce drame bouleverse les gruissanais et chacun cherche à retrouver dans son grenier de vieilles graphies des ex-voto dérobés afin de les remplacer ou tout au moins de les reproduire. Mais, c’est grâce à l’intuition de Monsieur l’Abbé PAUC, Conservateur des Antiquités du Département, qui avait pris soin de photographier les ex-voto avant le vol, que les reproductions vont pouvoir être faites.
La rénovation commencera un an plus tard sous la responsabilité de Robert Cassin, Restaurateur aux Monuments Historiques.
M. CASSIN à l’aide des photographies reproduit les ex-voto et peint directement sur les murs de la chapelle en utilisant la technique du « trompe l’œil ». L’illusion est parfaite et les ex-voto inviolables. En 1981, tous les gruissanais sont au rendez-vous pour inaugurer la chapelle rénovée.
Notre Dame des Auzils a enfin retrouvé sa beauté d’antan, 73 ex-voto et 27 maquettes en place. (In fiche signalétique de la chapelle)
En 1978, un autre problème survient. La chapelle est envahie par les termites.
Ces derniers s’attaquent au bois de la chapelle, détruisant toute la tribune qui entoure les bancs des fidèles ainsi que les sièges réservés aux autorités et aux familles. Cette fois encore, des volontaires gruissanais se mettent au travail pour éviter une entière destruction de Notre Dame. (In fiche signalétique de la chapelle)
Vierge à l’Enfant, pierre : polychrome ; bois. Les plis du voile et de la robe semblent indiquer une date voisine du 15e siècle.
Description de l’iconographie
La Vierge est couronnée. La couronne métallique est un apport postérieur. Cependant, une couronne primitive a pu se trouver dessous. Elle est vêtue d’une robe rouge aux plis verticaux, d’un voile blanc, posé sur la tête et drapé en écharpe. Elle porte un manteau bleu aux franges dorées. Ce manteau posé sur l’épaule droite est drapé transversalement sur la poitrine jusque sous le bras gauche. Il finit sa chute en plis verticaux, pour laisser apparaître le bas de la robe, sous le drapé de laquelle ses orteils sont visibles. L’Enfant est également couronné, il a la même couronne que sa Mère. Il est nu.On remarque que la main gauche de la Vierge est plus massive et plus vulgaire que la main droite. La main droite est dans une position qui laisse penser qu’elle devait tenir un sceptre(ou un bouquet de fleurs). Elle porte l’Enfant, assis sur un linge, sur le bras gauche. De la main droite, l’Enfant fait le signe de bénédiction. De la main gauche, il se tient au linge sur lequel il est assis. Le visage de la Vierge est bien dessiné. Les sourcils sont épais et étirés vers les tempes, les yeux sont grands, le nez est large, la bouche est bien dessinée et le menton est proéminent. Ses cheveux sont lachés et légèrement ondulés. Ils se perdent sous le voile. L’Enfant regarde en face de lui, sans expression particulière. Son visage est rond et il n’a pas la même morphologie que celui de sa mère. Ce qui nous amène à penser qu’il a été rajouté tardivement. (In https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy)]
Saint Joseph - Sainte Germaine
L’Éducation de la Vierge - Sainte Véronique
L’origine des ex-voto de la chapelle »
Un ex-voto est un tableau, plaque ou objet déposé dans un sanctuaire à la mémoire d’un vœu.
Le terme latin « ex-voto suscepto » signifie suivant le vœu fait.
Les activités liées à la mer, lieu de tous tes périls, ont souvent suscité ce genre de réalisations. Les marins en perdition implorent l’aide du ciel. Une fois revenus à terre, ils offrent comme c’est te cas à la chapelle des Auzils, des petits tableaux, des plaques gravées ou des maquettes de bateau. Le plus ancien date de 1816.
L’ex-voto répond à des normes précises :
Le centre du tableau décrit l’événement motivant (naufrage). C’est la partie concernant la terre et les mortels.
Dans la partie supérieure s’ouvre une « fenêtre » donnant accès au monde divin, avec apparition de la divinité implorée. Il s’agit d’une trouée dans les nuages, d’une brume lumineuse d’où sortent des rayons.
Dans le bas du tableau sur un cartouche à fond noir est relater en blanc, l’histoire du tableau.
Lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1906, l’inventaire des biens de l’église précisait que la Chapelle des Auzils possédait 73 tableaux et 23 maquettes de navires faisant office d’ex-voto.
En 1964, il ne restait plus que 68 ex-voto dans la chapelle.
Trois ans plus tard, dans la nuit du 21 au 22 juillet 1967, une cinquantaine fut volée. (In fiche signalétique de la chapelle)
Tableau ex-voto : Œuvre volée mais retrouvée
Inscription : BRITANNIA Capne Ele Labatut en cape et forcé dans le cyclone du 22 août 1892 39° O.O.N. et 65° O.O.O.
Tableau ex-voto : Œuvre volée mais retrouvée
Inscription : offert par les enfants du capitaine au long cours RIVAL Auguste en souvenir de son Ier commandement.
Christ en croix réalisé en coquillage
Notre-Dame des Auzils et le cimetière marin »
Protégeant le village de Gruissan depuis des siècles, Notre Dame des Auzils est le trésor du massif de la Clape. A l’abri des pins, bercée par le chant des cigales, la chapelle nous ouvre ses portes et nous fait pénétrer dans un monde peuplé de souvenirs et de mystères. (In fiche signalétique de la chapelle)
Les pèlerinages
Le lundi de Pentecôte, lendemain de la fête du village, les Gruissanais se rendaient en pèlerinage à Notre Dame des Auzils en souvenir de leurs ancêtres.
En tête de la procession et pieds nus, s’avançait un pêcheur porteur de « Nôstre Sènher lo Gròs »*, grand christ en bois, suivi des patrons pêcheurs et des matelots.
Ce christ disparut des processions dans les premières années du 19ème siècle mais la tradition perdure.
Un deuxième pèlerinage a vu le jour à partir de 1797, le lundi de Pâques, en souvenir des 32 victimes de la catastrophe maritime qui endeuilla le village le 10 ventôse de l’an V (28 février 1797).
Le mémorial représentant deux voiles de tartanes stylisées avec le nom des victimes a été érigé en 1994.
*« Nôstre Sènher lo Gròs » nommé ainsi du fait que le buste de l’énorme statue en bois portée lors du pèlerinage, était remplie de plomb et de pierres. (In fiche signalétique de la chapelle)
Entre patrimoine, histoire maritime et beauté naturelle, la chapelle des Auzils demeure l’un des sites les plus touchants et symboliques de Gruissan.