La Gardie est un lieu-dit (hameau) situé sur les hauteurs qui dominent la vallée de l’Orbiel, sur la commune de Conques sur Orbiel, dans le département de l’Aude en région Occitanie.
Toponymie
De l’occitan gardia qui signifie « vigie », « garde », « poste de surveillance ». Le site occupe une position stratégique sur un pech dominant la vallée de l’Orbiel qui commandait les chemins du Minervois et du Cabardès. En relation avec l’oppidum de Sainte-Colombe, le pech était le lien indispensable au système de défense pour communiquer avec les châteaux de Lastours et la Cité de Carcassonne.
Chapelle Notre-Dame de La Gardie
La chapelle, perchée sur un promontoire, a été fondée au XIIIe siècle. Elle a été bâtie entre 1253 et 1270 à la suite du vœu du chevalier d’Hautpoul, viguier du Comte de Toulouse qui avait promis de bâtir un prieuré en l’honneur de Notre-Dame s’il revenait sain et sauf de la croisade. (In Sauvegarde de l’Art Français – Notre-Dame de la Gardie)
Un lieu de pèlerinage
Les pèlerinages de Conques et du Cabardès étaient célébrés jadis le 15 août à Notre-Dame de la Gardie. De tout temps ils ont eu lieu, y compris pendant la révolution.
Les pèlerinages de 1347, 1348, 1361 permettront aux pèlerins de prier pour la fin des épidémies, la guerre de Cent Ans en 1470 ou la terrible épidémie de peste de 1514.
Elle est bâtie notamment avec les pierres du château de la Gardie, détruit en 1209 par Simon de Montfort. La chapelle est ensuite détruite par le Prince Noir (fils du roi d’Angleterre) en 1355 puis à nouveau entre 1432 et 1436 par des bandes de brigands de Rodrigue de Villandras. Elle est reconstruite en 1550 par le manufacturier de drap Pierre des Saptes (sa manufacture est installée sur « les anciennes bâtisses du moulin de la Torte » et à nouveau détruite lors des guerres de religion, puis reconstruite en 1633 puis agrandie au XIXe siècle (un capitaine de Conques ayant à son tour fait le vœu d’y ajouter une cinquième travée s’il revenait sain et sauf de la guerre d’Espagne en 1808). (In Sauvegarde de l’Art Français – Notre-Dame de la Gardie et flyer de la chapelle)
C’est en 1894 que de grands travaux furent décidés par le conseil de fabrique de la paroisse présidé par Léon Barsalou et l’abbé Tandou, curé de Conques. Ces travaux, permirent de remplacer l’ancien chœur par une abside à cinq pans précédée d’un transept à deux chapelles et la réalisation des peintures, sur 400 m², à François Ourtal, peintre décorateur à Carcassonne, selon un cahier des charges minutieux (par exemple : pour les voûtes : « Fonds gris bleu clair à la colle, étoiles blanches à reflets d’or à une distance de 0.25 chaque ») sur lequel François Ourtal s’engage « à livrer ce travail irréprochable ».
À noter que c’est le fils de François, Jacques qui en 1918 terminera l’ensemble par la décoration de la nef et de la tribune. (In http://patrimoinesvalleesdescabardes.a.p.f.unblog.fr/files/2020/03/cahier-10-la-chapelle-de-notre-dame-de-la-gardie.pdf ?)
L’autel en marbre de Caunes-Minervois
Les deux chapelles latérales servent d’écrin aux nombreux ex-voto
Vierge à l’Enfant : pierre, XIVe siècle
La Vierge a un hanchement très prononcé à gauche. De la main droite, elle tient un livre ouvert. Elle porte l’Enfant sur le bras gauche. L’annulaire de cette main est replié. Ses mains sont fines. La tête de l’Enfant manque, ainsi que le bras gauche, la main droite et le pied gauche. Sur la poitrine de l’enfant on remarque l’aile d’un oiseau qu’il devait tenir dans ses mains. L’Enfant devait être présenté aux fidèles et regarder en face de lui, vu la position de son torse. Le visage de la Vierge est large, le front est court, les sourcils sont saillants, les yeux sont en amande, le nez est fin aux narines larges, la bouche est petite et le menton un peu proéminent. Ses cheveux sont ondulés en larges vagues qui encadrent le visage. Sa tête est penché à gauche. Il n’y a pas de trace de polychromie. Par son hanchement, son drapé, ses mains fines, son visage et le travail de sa chevelure, cette ouvre ressemble fortement au style de l’atelier de Rieux. (In www.patrimoine-de-france.org)
Vierge à l’Enfant (dans le chœur), XVIe siècle
Notre-Dame de La Gardie : terre cuite, XVIe siècle
Sainte Flavie
Les reliques de Sainte Fiavie, trouvées dans les catacombes de Rome, avaient été renfermées le 4 septembre 1766 dans une caisse en bois peint liée au moyen de rubans de soie rouge munis de sceaux de cire apposés par Monseigneur Jean Lercarus, archevêque d’Andrinople, témoignant de leur authenticité.
Reconnues par Monseigneur Leuillieux, évêque de Carcassonne le 11 février 1878, elles ont été transférées le 12 mai 1878 dans ce sanctuaire suivant la volonté de Monsieur l’abbé Lucet qui en était propriétaire.
La cérémonie était présidée par Mgr Leuillieux, assisté des vicaires généraux Fournier et Siruguet, de l’abbé Delpech, curé de Conques et de très nombreux prêtres parmi lesquels l’abbé Michel Lucet, curé de La Louvière.
Une imposante procession alla chercher les reliques déposées dans la maison Cabrol. Quatre prêtres revêtus de la dalmatique portaient sur leurs épaules le pavillon richement décoré où était placé le corps. Après avoir parcouru les rues pavoisées du village, la procession entra dans l’église paroissiale Saint Michel.
Après les Vêpres, l’abbé Fournier, archidiacre, prononça le panégyrique de la sainte. La procession s’est dirigée ensuite vers la chapelle de la Gardie où monseigneur l’évêque a déposé les reliques, recouvertes par la statue de la sainte et a scellé de nombreux fragments de reliques dans des reliquaires particuliers.
La cérémonie a été clôturée par la bénédiction pontificale
L’abbé Michel Lucet était né à Conques le 5 août 1811. Petit-fils de Barthélémy Lucet, l’un des propriétaires de Notre-Dame, il entra au grand séminaire de Saint-Sulpice, à Paris et fut ordonné prêtre le 13 juin 1835.
C’est lui qui ramena de Rome l’effigie et les reliques de Sainte Flavie déposées ici et aussi celles de Sainte Nathalie pour la paroisse de La Louvière dont il était curé. Célèbre pour son érudition, son amour du pays natal et sa vénération pour Notre-Dame dont il fut un grand bienfaiteur, il mourut le 16 janvier 1902. (In fiche signalétique de l’église)
Les clés de voûte portent également les blasons du seigneur d’Hautpoul et du manufacturier de draps Pierre des Saptes.
Le départ du chemin de croix et ses 14 stations capitelles
Les tableaux du chemin de croix (dans les capitelles) ont été restaurés en 2012 par Dominique Vialaneix.