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I- qui était saint stapin ?
Selon la tradition orale, saint stapin est le frère d’Hippolyte, de Macaire et de Ferréol, tous béatifiés après avoir vécu dans les premiers siècles du christianisme, époque pendant laquelle ils furent, soit ermites, soit martyrs.
On connaît peu de détails sur sa vie et le peu que l’on sait de lui est de tradition, plutôt que basé sur des témoignages authentiques. Plusieurs causes ont concouru à cette carence : D’abord, la pénurie d’écrivains en Gaule narbonnaise sous son épiscopat ; ensuite, la distinction faite de son nom (saint Stapin à Ventenac et à Dourgne ainsi qu’à Montolieu — saint Etienne à Carcassonne) ; et enfin, l’invasion des Maures en l’an 719 et la disparition des actes de sa vie.
Il y a souvent confusion entre Stapin et Etienne (stapinus et stéphanus). Or, les nombreuses études sur ce sujet aboutissent à la conclusion qu’il s’agit d’un seul et même personnage.
La bulle du Pape agapet II nous donne le nom de ce saint pontife : Il s’appelait sanctus Stéphanus (ou saint Etienne) et reconnaît qu’il a une chapelle érigée en son honneur dans l’église de Ventenac. Or, avant l’époque où écrivit le Pape agapet II, c’est-à-dire en 950, on ne comptait dans la liste des évêques de carcassonne qu’un seul Étienne désigné par les historiens sous le nom d’Étienne 1er (Etienne II n’apparaît qu’en 1323). Quant à la chapelle de Ventenac, elle est dédiée à saint Stapin. On peut donc dire que saint Stapin désigné dans la bulle du Pape par le nom de sanctus Stéphanus (ou de saint Etienne) n’est autre que l’évêque Étienne, premier de nom. Il y a donc identité de personne sous des noms légèrement différents.
En conséquence, saint Stapin n’est autre que l’évêque Étienne, premier de nom, cinquième évêque de Carcassonne : Stéphanus.
Le changement du mot Stéphanus en celui de Stapinus se comprend facilement quand on se rapporte à l’époque où la langue romane succéda à la langue latine (Stéphanus - Stéaphanus - Staphinus - Stapinus - Stapin).
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II- La vie de saint stapin
Saint Stapin naît au Mirgue, près de Dourgne, ancien diocèse de Lavaur (Tam) vers 640 ou 650 (7e siècle). Il mène une vie solitaire sur une des montagnes qui avoisinent la localité. La réputation de ses vertus attire une population de plus en plus nombreuse. On commence à le vénérer et sa renommée s’étend jusqu’au royaume visigoth à Carcassonne. Le clergé de cette ville, touché par la sainteté de cet ermite, décide de l’arracher à sa solitude pour en faire son nouvel évêque, puisque justement son pontife Sylvestre vient de mourir. On vient le prendre à Dourgne. Il se cache au trou de Cluzel (grotte troglodyte) répugnant à quitter sa région. On le trouve. On le force. Finalement, il accepte la charge d’évêque de Carcassonne, déclarant obéir à une vision dans laquelle le Seigneur lui demande de suivre les envoyés de la cité ; ce qu’il fait alors sans hésiter.
À Carcassonne, il remplit les saintes fonctions de sa nouvelle charge avec zèle, aménité et piété, ce qui lui vaut la confiance, l’amour et vénération des peuples. Durant ce sacerdoce, il se rend souvent à son ancien lieu de solitude. Une pieuse tradition rapporte qu’on le voyait alors cheminant à pied et suivre la route, un panier à chaque bras, contenant l’un des livres d’étude, l’autre ses modestes provisions. Puis, il se démit de l’évêché pour revenir vivre dans la solitude à Saint-Ferréol. Il meurt à Dourgne, vers l’an 720.
Vers la fin du XIIIe siècle, le chapitre de Carcassonne réclame le corps de son saint évêque. On prend le corps et on laisse la tête à Dourgne. Durant le transport de Dourgne à Carcassonne sur une charrette, les bœufs (ou les chevaux) s’arrêtent tout à-coup devant le village de Ventenac-Cabardès. Tous les efforts pour les faire avancer sont vains et inutiles jusqu’à ce que les habitants aient fait le vœu de bâtir une chapelle, en leur église, en l’honneur du saint. Le corps est ensuite déposé dans une chapelle établie au cimetière de Saint-Vincent. Il sera, plus tard, transféré dans la crypte de son ancienne cathédrale.
Le passage à Ventenac avait attiré la population d’alentour. Quelques miracles s’opérèrent et la paroisse, pleine de reconnaissance et fidèle à sa promesse, consacra à ce saint évêque une chapelle dans son église.
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III- Le culte et la fête de saint stapin
Selon une pieuse tradition, le culte de saint Stapin commence le jour de ses funérailles. Il a pris naissance à Ventenac. Ce culte est reconnu légitime parce qu’il est immémorial, et immémorial parce qu’il dût être primitivement légitime. Stapin est honoré comme saint par la tradition et la liturgie. S’il a été béatifié, toutes traces de cet acte ont disparu.
Sa fête fut sûrement et dûment autorisée jadis, mais seulement tolérée après le XVIIIème siècle. C’est le 6 août qu’elle est répertoriée, mais, à Ventenac, la tradition fait qu’elle est fêtée la veille au soir, c’est-à-dire le 5 août. Récemment encore, cette fête était marquée par une procession dans les rues du village, avant le retour à l’église pour la cérémonie festive du saint. Aujourd’hui, seule cette dernière existe encore. On y chante des cantiques et récite de nombreuses prières. Ensuite, l’assistance entonne le cantique dédié à saint Stapin puis embrasse la relique présentée par le prêtre.
Saint Stapin n’est pas le patron titulaire de notre église, mais on l’honore avec plus de solennité que saint Julien et sainte Basilisse qui, eux, le sont. Il est intéressant de savoir qu’autrefois, les habitants chômaient cette fête comme le saint jour du dimanche, malgré la défense des évêques.
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IV- La relique de saint stapin
À Ventenac, on conserve un reliquaire dans lequel sc trouve un morceau d’os enveloppé dans un parchemin sur lequel sont inscrits les mots - morceau du chef de saint Supin -. Cas lettres sont écrites en caractères gothiques d’une très grande ancienneté incontestable. Cette relique fut donnée jadis à la paroisse par celle de Dourgne. En 1792, pendant la tourmente révolutionnaire, surtout contre le culte, le curé de Ventenac, l’abbé barsalou, sur le point de s’exiler ou d’être traîné vers l’échafaud, craignant pour le sort de la relique, se lève en pleine nuit d’hiver, emporte ce reste sacré, se glisse dans l’ombre et va frapper à la porte de la famille gieules pour la lui confier. Cette pieuse famille le conserve religieusement et le rend à ta réouverture des églises. Travaillé par le temps et devenu vétuste, ce reliquaire d’origine a été remplacé en 1860, par un autre. La châsse vitrée est, à présent, entourée d’une couronne de petits cercles enjolivée de pierreries.
C’est cette même relique que l’on vénère aujourd’hui encore sur l’autel de Ventenac-Cabardès, le soir du 5 août de chaque année.
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V- La chapelle - la statue - le vitrail de saint stapin
De temps immémorial, Ventenac possède dans son église, une chapelle dédiée à saint Stapin. Elle a été restaurée vers 1838. Elle se situe, à gauche, avant le chœur.
On y voit :
- au-dessus de l’autel : une statue du saint, crossée et mitrée ;
- enchâssé dans le mur, à gauche, un vitrail représentant saint Stapin.
La statue en bois polychrome représente le saint, debout, revêtu des habits pontificaux, appuyé sur sa crosse et bénissant de la main droite. Au fil des années, cette statue avait beaucoup souffert de l’humidité et des insectes xylophages. Une remise en état effectuée en 1838, en même temps que la restauration de la chapelle, a été réalisée dans de mauvaises conditions et, de ce fait, n’a pas interrompu sa détérioration.
Ce n’est qu’en 1982 qu’une sérieuse restauration de la statue a été menée à bien par l’abbé esquirol de Castelnaudary. Il en est résulté l’œuvre que l’on peut admirer au-dessus de l’autel de la chapelle.
Le vitrail assure l’éclairage latéral naturel de la chapelle. II date du XIXème siècle. Il est constitué de deux petits vitraux : Celui de gauche montre saint Stapin bénissant un infirme qui se dresse en lâchant ses béquilles ; celui de droite, le montre en habits sacerdotaux.
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VI- Les bienfaits et miracles de saint stapin
On invoque saint Stapin pour la guérison de la goutte, des maux de genoux et de jambes, des rhumatismes et autres infirmités analogues (paralysies). Surtout au XVlIème siècle, il jouissait comme patron des goutteux, d’une renommée européenne.
De nombreuses guérisons miraculeuses ont été constatées par son intercession. À Dourgne (Tarn), on conserve dans les archives de la paroisse un grand registre où sont consignés les procès-verbaux de leurs constatations. (In fiche signalétique de l’église)
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