Minerve est située dans le département de l’Hérault, en région Occitanie.
Toponymie
Du latin Minerba / Minerva, en référence à la déesse romaine Minerve. Mais cette explication est discutée.
Une autre hypothèse serait ancien nom de lieu préromain, ensuite rapproché de Minerva par les scribes et les populations romanisées. Dans ce cas ce toponyme plus ancien est antérieur à la romanisation
Attestée sous les formes anciennes suburbium Minerbense en 836, Pagus Minerbensis en 843, kastro Minerba / castrum Menerba en 873, Menerba en 1351, Minerbe en 1487, Minerve depuis l’époque moderne.
Après le milieu du VIe s, le site semble ainsi abandonné, même si quelques rares bords de céramiques attribuables au VIIe s ont été mis en lumière, laissant envisager une petite occupation résiduelle épisodique.
Remontant à 873, la première mention connue d’un château à Minerve fait état d’un plaid tenu devant cette fortification "in mallo publico ante Castro Menerba" afin de juger un différend entre les moines de Caunes et l’archevêque de Narbonne en présence de deux missi dominici. Sur le front oriental, la plupart des lambeaux d’enceinte conservés seraient attribuables d’après leurs caractéristiques à une fourchette chronologique Xe/fin Xle s, attestant d’un réinvestissement massif et pérenne du site durant cette période. (In fiche signalétique de la ville)
La Candela (fin XIIIe siècle). Vestige du château vicomtal, la tour ou « candela » est un angle de mur, sur lequel on distingue trois niveaux de planchers. Les restes du château ont été démantelés au XVIIe et XIXe siècles. Entrée Nord de la cité, un pont levis et des fossés défendaient l’accès du château vicomtal. (In fiche signalétique de la ville)
Le château. Le château de Minerve est tombé au Xe siècle dans le patrimoine de ceux qui sont chargés localement d’exercer les pouvoirs publics, d’abord les vicomtes de Béziers, puis en partie les comtes de Carcassonne. Au XIe siècle le comte Guilhem de Carcassonne hérite vraisemblablement du Minervois, et ce sont ses fils, Bernard et Pierre Guilhem, qui seraient à l’origine du lignage des vicomtes de Minerve, apparu en 1066.
Le château se situait probablement à remplacement de la forteresse royale, mais le fossé qui l’isolait du village n’existait pas, tout comme peut-être celui barrant l’isthme qui le rattache au plateau. (In fiche signalétique de la ville)
À l’angle de la mairie, la Colombe (œuvre de J-L Séverac créée en 1982). Stèle commémorative du bûcher où périrent en 1210, 140 Parfaits cathares.
Église Saint-Étienne
Connue dès le IXe siècle, l’église Saint-Étienne n’est pourtant pas la plus ancienne du village. Aux pieds de celui-ci, dans la partie ouest du cimetière, les vestiges de l’église Saint-Nazaire ont été découverts en 1932 — une église paléochrétienne qui fut incendiée à deux reprises. C’est à Saint-Nazaire que les protagonistes du plaid (assemblée générale) de 873 prêtèrent serment.
L’église Saint-Étienne de Minerve relevait de l’archevêque de Narbonne. Située au cœur des possessions des Guilhem de Minerve, c’était à l’origine leur église castrale avant de devenir l’église paroissiale du village.
D’un style roman très pur (principalement des Xle-XIIe siècles), elle se compose d’une nef unique de trois travées avec un chevet voûté en cul-de-four. La petite chapelle basse s’ouvrant au sud, près du chœur, est probablement le vestige d’une construction plus ancienne. Une belle voûte en pierre repose sur des arcs aux claveaux polychromes. Les ouvertures sont soulignées par un « cordon de Charlemagne », c’est-à-dire d’un bandeau de basalte noir caractéristique des premières constructions romanes de la région. l’absidiole nord a disparu lors de la construction d’une chapelle au XVIIe siècle.
Le clocher de l’église a été modifié à plusieurs reprise. Frappé par la foudre à de ombreuses occasions, il a été reconstruit dans sa forme actuelle vers 1950.
L’église Saint-Etienne abrite l’autel de Saint-Rustique. L’autel de Saint-Rustique est taillè dans un seul bloc de marbre blanc d’un seul tenant, provenant de Carrare, en Italie. Sur sa face antérieure figure une inscription latine : « rvsticvs ann.xxx eptvs svi ff », signifiant :
« Rustique fit réaliser cet autel dans la trentième année de son épiscopat. »
Rustique fut évêque de Narbonne de 427 ou 430 a 461. La trentième année de son épiscopat se situe donc entre 456 et 459, ce qui fait de l’autel de Minerve, toujours en usage liturgique aujourd’hui, le plus ancien de France (l’autel de Saint-Victor a Marseille est probablement de la même époque, mais n’est pas daté avec précision).
Cet autel se trouvait déjà à Minerve en 873. Cette année-là, une assemblée générale (plaid) se tint au pied du château, au cours de laquelle une affaire fut jugée dont des témoins prêtèrent serment sur l’autel de l’élise Saint-Nazaire. Les signataires de la charte de cette assemblée gravèrent également leurs noms sur le marbre de l’autel de Saint Rustique. Au total, une centaine de signatures peuvent être déchiffrées. Cers noms correspondent à des personnages importants ayant vécu entre les IXe et Xle siècles. À tous les égards, l’autel de Saint Rustique constitue donc un monument exceptionnel. (In fiche signalétique de l’église)
L’autel de Saint-Rustique : marbre, 5e siècle
Table d’autel à rebord saillant
Inscription relative à sa consécration par saint Rustique vers 460