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Lors de sa découverte, probablement au début du XXe siècle, l’inscription, dite « de N.-D.-du-Grau », portait un texte fragmentaire transcrit par l’abbé C.A. Maurin en 1928. La mise au jour, vers 1940, d’un autre fragment de cette dalle, par l’archéologue catalan Prat Puig, en a facilité la lecture.
Le texte latin a pu être restitué ainsi : « Fundabit hoc templum Rinilo D(e)odicata Virgo sacratum XPO (Christo) Marie Virginis alme condidit altarr. Petri apostoli confessor… oratoria titulabit sci…laboribus expiens hic.. ».
Que l’on peut traduire par :
« Ce lieu de culte fondé par Rinilo, vierge dévouée à Dieu, est consacré au Christ, un autel établi à la bienheureuse Vierge Marie e un oratoire sous le vocable de Pierre, apôtre et confesseur… Elle a œuvré pour l’expiation (de ses fautes) ».
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Cette dédicace indique qu’un lieu de culte chrétien a été fondé par une vierge très pieuse, une « dévote », du nom de Rinilo. Ce nom, peu commun dans les textes (voir note), est d’origine germanique, voire wisigothique. Comme toutes les églises, il est consacré, en premier lieu, au Christ. La dédicace à la Vierge Marie, Mère du Christ, et au Prince des apôtres, confesseur de la Foi (martyre), Pierre, est habituelle peuplé période concernée, Aux VIe-VIIe siècles la création d’un lieu de culte chrétien est le plus souvent accompagnée de celle d’un autel à Marie, près de l’autel principal, et d’un autre dédié a Pierre. Ici, le terme oratoire serait à prendre dans le sens de chapelle, séparée mais située dans le lieu de culte principal.
La dernière phrase, tronquée, fait référence à la volonté de Rinilo d’œuvrer (par sa fondation) pour l’expiation (de ses péchés). Il s’agit d’une formule connue pour des épitaphes ou des dédicaces du haut Moyen Âge.
Cette femme, désignée comme vierge vouée (ou dévouée), est certainement riche, car le coût d’une fondation est élevé, et très croyante, sans toutefois que l’on puisse en déduire son appartenance à un état religieux particulier. Au VIe-VIIe siècles le monachisme féminin, en occident, n’en est qu’à ses premiers pas.
Sans précision particulière, cette inscription est à dater au plus tôt des VIe-VIIe siècles.
Note :
On a souvent fait le rapprochement entre cette inscription et celle découverte en 1893, près de Lunel, au Mas Desports. Cette dernière porte l’épitaphe de Ranilo, qualifiée de servante de Dieu (famula Dei). Il n’est toutefois pas possible d’identifier Ranilo à Rinilo et les recherches tendant à lier les deux sites se sont avérées, à ce jour, infructueuses. Il est à signaler, tout de même, qu’au Mas Desports existaient, au haut Moyen Âge, deux églises proches. L’une était connue sous le vocable de Notre-Dame-des-Ports et l’autre sous celui de Saint-Pierre-des-Ports. (In panneaux signalétiques de l’église)
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