Le Grau d’Agde

Le Grau-d’Agde est un lieu-dit de la commune d’Agde situé dans le département de l’Hérault, en région Occitanie.

Toponymie
De l’occitan Grau, qui signifie notamment « chenal », « passage vers la mer » ou « embouchure ». Du latin gradus, « pas, degré », avec l’idée d’un passage ou d’une ouverture dans le cordon littoral.
Agde toponyme d’origine grecque, lié à la colonie grecque fondée dans l’Antiquité, Agathé Tyché, « bonne fortune », ou Agathé Polis, « bonne ville ».
Soit Le Grau-d’Agde, « l’embouchure / le chenal d’Agde ».

Église Notre-Dame du Grau


L’ancienne église des capucins est rachetée en 1794 par deux anciens religieux du couvent devenus curés : le Père Meau et le Père Fabry. Afin de rouvrir au culte l’église, privée de son chœur et de tous ses décors anciens, les deux curés font réaliser le grand retable du maître autel. Ils s adressent à Alexis Poitevin, sculpteur originaire de la région d’Apt, séjournant alors à Montpellier depuis 1805.


La date exacte de mise en place du retable de Notre-Dame-du-Grau n’est pas connue. Il reprend librement les dispositions de la fenêtre serlienne, groupe de trois baies dont celle du centre est couverte d’un arc en plein cintre et les deux latérales, très étroites, d’un linteau à hauteur d’imposte. Cette ouverture, inventée par Serlio à la Renaissance, est souvent utilisée dans l’architecture du début du XIXe siècle.
Le retable est constitué d’un soubassement, d’une large travée centrale cantonnée de quatre colonnes et surmontée d’une arcature feinte. De part et d’autre, Poitevin a placé une petite travée étroite portant l’entablement. Les six colonnes en marbres de Caunes pourraient provenir d’un décor plus ancien. (In panneaux signalétiques de l’église)


Le décor sculpté, réalisé en plâtre, se concentre dans la travée centrale. Elle est occupée par une niche abritant une statue en bois réalisée par le sculpteur. Sur le gradin de l’autel se trouvent deux anges adorateurs placés de part et d’autre du tabernacle, l’encadrement de la cavité étant formé d’une nuée peuplée d’une multitude de têtes de putti. Au sommet deux grands anges soutiennent la couronne de la Vierge.
L’arcature qui surmonte l’ensemble est occupée par une gloire rayonnante en fort relief où est assis un Dieu le père entouré d’angelots. Il s’appuie de la main gauche sur un énorme globe terrestre et bénit de la droite. Le traitement des nuages ainsi que celui des rayons est semblable dans les deux œuvres.
Le retable intègre un autel de marbre du XVIIIe siècle. Selon l’abbé Ouradou, Jl Vagirait de celui qui se trouvait au maître-autel avant la Révolution, mais privé de son tabernacle. L’actuel a été mis en place au XIXe siècle.
D’après l’abbé Ouradou, il faut attendre les années 1840 pour que la décoration de l’église se poursuive grâce à l’abbé Fallet. Aujourd’hui, le lambris, les autels ainsi que les peintures exécutées au milieu du XIXe siècle ont disparu. Seule une chapelle conserve un retable de plâtre qui pourrait dater de cette époque. Il abrite en son centre une statue de la Vierge en bois doré, datant de la fin du XVIIe siècle, dont la provenance n’est pas connue. (In panneaux signalétiques de l’église)

Ex-voto Notre-Dame du Grau : Huile sur toile XIXe siècle
L’Annonciation


Don de l’Artiste CEM à la ville d’Agde (œuvre réalisée en 2011).
Cette œuvre a été bénie le 02 septembre 2019 par le père Capucin Benoît Charlemagne avec de l’eau bénite provenant de la basilique de Pibrac (Haute-Garonne) où est inhumée sainte Germaine.


L’Archange Gabriel et Marie sont un seul et même bois flotté ramassé à Sérignan-plage en 2006. Sur la tête de Gabriel, une petite couronne faite d’un bracelet, don dans les années 80 d’une fillette de cinq ans.
Le fond du tableau est constitué d’une partie de la chemise « Cosmos » du rocker Paul Vella.
A la partie haute du tableau, la graine du magnolia, couleur blanche, symbolise la présence du Saint-Esprit
La colombe de la Paix est en papier froissé « essuie-tout » recouvert de copeaux de plastique façon plumes.
Une partie de la tunique moyenâgeuse de l’Archange est en papier cartonné. Ses ailes sont en coquillages, papiers, et plumes peintes.
Le visage de Marie est fait d’une pierre, ses mains en pâte céramique.
Les cheveux sont une natte de cheveux de l’artiste mêlés à des copeaux de fer et de plastique, ainsi que des perles.
L’entourage est fait d’un cadre miroir et d’une grande coquille Saint Jacques fossile. Des graines de magnolia « flammes », un grillage et une plaque de plexiglas symbolisant l’air jouant à la surface de l’eau, le complètent. (In panneaux signalétiques de l’église)


Henri Ier de Montmorency. Deuxième fils du connétable Anne de Montmorency et de Madeleine de Savoie, né le 15 juin 1534, il est dès sa naissance nommé duc de Damville. Gouverneur du Languedoc à partir de 1563, maréchal de France en 1567, le roi Henri IV le nomme enfin connétable de France en 1593.
Dès le début des guerres de Religion, il a combattu dans le camp des catholiques. Plein de zèle contre les Religionnaires, il manifeste trop ostensiblement sa répugnance envers les exactions des ligueurs, au point que le bruit court qu’il est parmi ceux à condamner lors de la Saint-Barthélémy. Son absence de la capitale le sauve.[…]
Son décès survient le 2 avril 1614 à la Grange-des-Près à Pézenas. Comme il en avait fait vœu, il est inhumé dans le couvent du Grau d’Agde, en habit de capucin, dans un cercueil de plomb, sans qu’on lui élève aucun monument. Certains auteurs relatent une cérémonie qui ne manque pas de grandeur : cinq cents pauvres, chacun portant un grand cierge de cire blanche, venaient à la suite des nobles et des hommes d’armes. Simultanément, un service funèbre était célébré en la Collégiale de Pézenas. (In panneaux signalétiques de l’église)


Lors de sa découverte, probablement au début du XXe siècle, l’inscription, dite « de N.-D.-du-Grau », portait un texte fragmentaire transcrit par l’abbé C.A. Maurin en 1928. La mise au jour, vers 1940, d’un autre fragment de cette dalle, par l’archéologue catalan Prat Puig, en a facilité la lecture.
Le texte latin a pu être restitué ainsi : « Fundabit hoc templum Rinilo D(e)odicata Virgo sacratum XPO (Christo) Marie Virginis alme condidit altarr. Petri apostoli confessor… oratoria titulabit sci…laboribus expiens hic.. ».
Que l’on peut traduire par  :
« Ce lieu de culte fondé par Rinilo, vierge dévouée à Dieu, est consacré au Christ, un autel établi à la bienheureuse Vierge Marie e un oratoire sous le vocable de Pierre, apôtre et confesseur… Elle a œuvré pour l’expiation (de ses fautes) ».


Cette dédicace indique qu’un lieu de culte chrétien a été fondé par une vierge très pieuse, une « dévote », du nom de Rinilo. Ce nom, peu commun dans les textes (voir note), est d’origine germanique, voire wisigothique. Comme toutes les églises, il est consacré, en premier lieu, au Christ. La dédicace à la Vierge Marie, Mère du Christ, et au Prince des apôtres, confesseur de la Foi (martyre), Pierre, est habituelle peuplé période concernée, Aux VIe-VIIe siècles la création d’un lieu de culte chrétien est le plus souvent accompagnée de celle d’un autel à Marie, près de l’autel principal, et d’un autre dédié a Pierre. Ici, le terme oratoire serait à prendre dans le sens de chapelle, séparée mais située dans le lieu de culte principal.
La dernière phrase, tronquée, fait référence à la volonté de Rinilo d’œuvrer (par sa fondation) pour l’expiation (de ses péchés). Il s’agit d’une formule connue pour des épitaphes ou des dédicaces du haut Moyen Âge.
Cette femme, désignée comme vierge vouée (ou dévouée), est certainement riche, car le coût d’une fondation est élevé, et très croyante, sans toutefois que l’on puisse en déduire son appartenance à un état religieux particulier. Au VIe-VIIe siècles le monachisme féminin, en occident, n’en est qu’à ses premiers pas.
Sans précision particulière, cette inscription est à dater au plus tôt des VIe-VIIe siècles.
Note :
On a souvent fait le rapprochement entre cette inscription et celle découverte en 1893, près de Lunel, au Mas Desports. Cette dernière porte l’épitaphe de Ranilo, qualifiée de servante de Dieu (famula Dei). Il n’est toutefois pas possible d’identifier Ranilo à Rinilo et les recherches tendant à lier les deux sites se sont avérées, à ce jour, infructueuses. Il est à signaler, tout de même, qu’au Mas Desports existaient, au haut Moyen Âge, deux églises proches. L’une était connue sous le vocable de Notre-Dame-des-Ports et l’autre sous celui de Saint-Pierre-des-Ports.
(In panneaux signalétiques de l’église)

Chapelle Notre-Dame du Grau

La dévotion que les populations d’Agde et des villages environnants ont porté pendant des siècles au sanctuaire de Notre-Dame-du-Grau est fondée sur l’évocation d’une apparition de la Vierge à genoux.


Au milieu du cinquième siècle, un riche noble syrien, Sever, désireux de vivre selon la pauvreté évangélique, partit de chez lui, mettant ses richesses et une partie de ses gens sur un bateau en confiant à la Providence le soin de le guider. Il aborda ainsi à l’embouchure de l’Hérault et, après avoir donné la liberté à ses gens et ses richesses à l’évêque d’Agde Béticus, il se retira auprès d’une source afin d’y vivre en ermite dans une cabane de roseaux. Mais les Agathois, voulant avoir ce saint homme auprès d’eux, construisirent un monastère près de l’église Saint-André. L’un de ses disciples, Adjutor, voulant fuir le monde, changea son nom en Maxence et se rendit en Poitou où il fonda un monastère qui prit son nom (Saint-Maixent). L’ancien ermitage ne fut pas abandonné, et il resta habité par quelques religieux. L’un d’eux fut le témoin de l’apparition, à laquelle on ne saurait assigner aucune date :
« La mer, soulevée avec une violence extraordinaire, soutenue pendant plusieurs jours, semblait conjurée avec l’Araur [l’Hérault] débordé pour engloutir cette contrée, jadis sortie de ses eaux. Un de ces tremblements de terre, fréquents autrefois sur un sol vomi tout entier par un volcan sous-marin, ajoutait à la terreur profonde des habitants.
Un ermite du Grau, répandait son âme devant l’autel et demandait grâce pour Agde. Marie lui apparut ; il la vit agenouillée sur la pointe d’un rocher basaltique que l’inondation respectait encore, et joignant ses prières à celles de son serviteur. Alors les flots s’abaissèrent, la mer s’éloigna de ces lieux qu’elle ne devait plus menacer ; mais la pierre signalée à la vénération des fidèles par le dévot ermite fut marquée d’un sceau profond semblable à l’empreinte d’un genou. On éleva à côté une espèce de colonne pour en indiquer la place de plus loin  ; plus tard, une église a succédé à la colonne, et le peuple accourt pour baiser avec respect ce monument de la piété de nos pères et de la bonté de Marie. » (Abbé Emmanuel Martin, d’Agde, Notice sur Notre-Dame-du-Grau suivie de la Vie de saint Sévère, 1868).

On peut reconnaître dans cette description des éléments déchaînés un phénomène bien connu à Agde et qui a pu être porté à son paroxysme, ainsi que cela est arrivé à des époques mieux attestées (1766,1843,1875, 1907…) : si la mer est en tempête alors que l’Hérault est en crue, les eaux, au lieu de s’écouler, sont refluées dans les terres. Il faut alors imaginer le rivage bien plus près qu’il n’est aujourd’hui, l’embouchure de l’Hérault alors non endigué s’ouvrant dans la mer par un estuaire et toute la plaine inondée jusqu’au pied du sanctuaire.
On n’a pas de récit ancien de l’apparition, mais on doit noter la grande rareté d’une apparition de la Vierge à genoux. Les nombreux pèlerinages venant de toute la région témoignaient de la confiance qu’avaient les habitants dans la patronne du sanctuaire.
Depuis les chrétiens ont porté plus de dévotion et de révérences à cette sainte chapelle où dieu en l’honneur de sa sainte mère accorde tous les jours de nouvelles grâces et faveurs à ceux qui y viennent réclamer les secours de cette puissante reine des cieux. (In panneaux signalétiques de l’église)

La marque de la « Genouillade » de la Vierge

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jeudi 17 septembre 2026
par  gs

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Les saints Roch du Grau d’Agde en l’église Notre-Dame du Grau

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